
Le ministère des Finances de la République démocratique du Congo a fixé un ultimatum au 31 mars 2026 aux entreprises opérant dans le secteur des jeux d’argent – paris sportifs, loteries, casinos et concours de pronostics – afin qu’elles régularisent leur situation administrative.
Dans un communiqué publié le 5 mars, le ministère dirigé par Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a invité les opérateurs ne disposant pas d’agrément officiel à se présenter auprès de la Direction de la réglementation financière ou des divisions provinciales des Finances pour obtenir une autorisation légale d’exploitation.
À défaut de se conformer à cette exigence, les sociétés concernées s’exposent à des sanctions prévues par la législation en vigueur. Celles-ci peuvent aller des amendes et redressements fiscaux à la suspension ou la fermeture administrative, voire à des poursuites judiciaires pour activité commerciale illégale ou fraude fiscale.

Un secteur très lucratif mais peu fiscalisé
Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de mieux capter les recettes issues d’un secteur en pleine expansion mais encore largement informel. Selon les estimations évoquées par le ministre des Finances, le chiffre d’affaires global des entreprises de jeux d’argent en RDC aurait dépassé 1,6 milliard de dollars lors du dernier exercice fiscal.
Malgré ce potentiel considérable, les recettes fiscales générées restent faibles. En 2022, elles n’avaient atteint qu’environ un milliard de francs congolais, un niveau jugé très inférieur aux capacités réelles du secteur. À cette époque, l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi avait révélé l’existence de 139 opérateurs illégaux actifs sur le marché.

Vers une réforme et une digitalisation du secteur
Pour corriger ces faiblesses structurelles, le gouvernement a engagé une réforme en profondeur du cadre réglementaire. Un projet de loi sur les principes fondamentaux des jeux d’argent et de hasard a été adopté en Conseil des ministres en avril 2025 avant d’être transmis au Parlement.
La réforme prévoit notamment :
- La mise en place d’un système de monitoring permettant de suivre en temps réel les activités des opérateurs ;
- Une digitalisation accrue du secteur, avec l’obligation pour les joueurs de créer un compte afin de renforcer la traçabilité des transactions ;
- L’instauration d’un régime fiscal spécifique destiné à augmenter les recettes publiques.
Dans cette dynamique, le ministère des Sports et Loisirs a également conclu un partenariat avec la société burundaise East African General Trade Company pour mettre en place un système numérique centralisé de suivi des paris et loteries.

Encadrer un secteur à risque
Au-delà de l’enjeu fiscal, les autorités congolaises souhaitent aussi renforcer la régulation d’un secteur souvent associé à des risques de blanchiment de capitaux et de financement d’activités illicites.

Parallèlement au projet du gouvernement, le député national Willy Mishiki Buhini a déposé en février 2026 une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant également à encadrer plus strictement les jeux d’argent et de hasard en RDC, afin de mieux protéger les joueurs et garantir une contribution fiscale plus significative au Trésor public.
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