RDC | Budget des entreprises publiques : Julie Shiku dans son rôle, loin de toute polémique artificielle

La tentative de présenter l’action de la ministre du Portefeuille, Julie Shiku, comme une défiance à l’égard du vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, relève davantage d’une construction polémique que d’une analyse sérieuse des mécanismes de gouvernance publique. À y regarder de près, les faits, le droit et les usages administratifs démentent toute lecture conflictuelle.

Il convient d’abord de rappeler une évidence institutionnelle : le ministère du Portefeuille n’est ni une annexe du ministère du Budget ni un simple organe d’exécution passive. Il est constitutionnellement et légalement chargé du suivi, du contrôle et de la gouvernance des entreprises publiques, des établissements publics et des participations de l’État. À ce titre, la validation des prévisions budgétaires internes des entreprises du Portefeuille constitue une obligation permanente de tutelle, indépendante du calendrier global d’élaboration de la loi des finances.

Assimiler les travaux de validation lancés le 27 janvier 2026 à une remise en cause d’un budget déjà promulgué est une confusion manifeste. La loi des finances fixe des agrégats macro-budgétaires, notamment les recettes attendues du Portefeuille, mais elle ne dispense nullement les entreprises publiques de l’exercice interne de planification, de rationalisation et de reddition des comptes, encore moins le ministre de tutelle de son devoir de contrôle a posteriori et prospectif.

Contrairement à ce qui est suggéré, Julie Shiku ne découvre ni le processus budgétaire ni le cheminement institutionnel du budget 2026. En tant qu’ancienne Directrice de cabinet au ministère des Finances, elle en maîtrise les rouages. Mais précisément parce qu’elle en connaît les limites, elle agit pour renforcer la crédibilité des chiffres inscrits dans la loi des finances, en exigeant des entreprises publiques des prévisions cohérentes, documentées et alignées sur les objectifs de performance.

Les recettes du Portefeuille, telles qu’intégrées dans le budget 2026 sous l’encadrement de la DGRAD, sont des prévisions consolidées. Leur réalisation effective dépend toutefois du niveau de gouvernance, de transparence et de discipline financière des entreprises concernées. C’est là que s’inscrit l’action de la ministre du Portefeuille : sécuriser la base réelle des recettes, prévenir les écarts, identifier les contre-performances et engager les responsabilités des mandataires publics.

Qualifier ces travaux de « sans valeur » revient à nier les principes élémentaires de la bonne gouvernance. Au contraire, la démarche de Julie Shiku s’inscrit dans une logique de redevabilité, de modernisation de la gestion des entreprises publiques et de rupture avec les pratiques de complaisance qui ont longtemps plombé les finances de l’État.

Il n’existe donc ni bras de fer institutionnel ni défi lancé au VPM/Budget. Il y a plutôt une complémentarité fonctionnelle entre la planification macro-budgétaire et le pilotage micro-économique des entreprises publiques. Vouloir opposer ces deux niveaux, c’est méconnaître le fonctionnement de l’État ou, pire, instrumentaliser le débat budgétaire à des fins politiciennes.

En définitive, Julie Shiku agit dans la droite ligne de la vision du Président de la République et du gouvernement Suminwa : restaurer l’autorité de l’État actionnaire, assainir le Portefeuille public et transformer les entreprises publiques en véritables leviers de développement. Le reste n’est que bruit médiatique.

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