Déconcentration de l’ordonnancement : un tournant historique dans la réforme des finances publiques en RDC

Kinshasa, février 2026 – Un tournant majeur vient d’être franchi dans la modernisation des finances publiques en République Démocratique du Congo. Près de quatorze ans après l’adoption de la loi relative aux finances publiques, le Gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, et à travers le Ministre des Finances, Doudou FWAMBA LIKUNDE LI-BOTAYI, opérationnalise la réforme structurante de la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques.

Cette réforme s’inscrit dans le cadre du Plan stratégique pluriannuel de modernisation de la Gestion des Finances Publiques, coordonné par le COREF, et vise à renforcer l’efficacité, la transparence et la crédibilité de l’exécution budgétaire, conformément à la Loi n°11/011 du 13 juillet 2011.

Concrètement, la déconcentration de l’ordonnancement rapproche la décision d’engagement et de paiement des centres de responsabilité sectoriels. Elle permet de réduire les délais de paiement, d’améliorer la redevabilité des gestionnaires publics et de fluidifier l’exécution des dépenses. La réforme est déployée de manière progressive, en articulation avec la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor et le Compte Unique du Trésor, contribuant à la stabilité du franc congolais, à la maîtrise de l’inflation et au renforcement de la coordination avec le Fonds monétaire international dans le cadre du Comité de conjoncture économique.

Le processus a été structuré en deux phases pilotes. La première concerne les ministères de l’Éducation nationale, du Développement rural, de la Santé publique et des Travaux publics. La deuxième phase inclut les ministères de la Défense nationale, de l’Agriculture, de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Pêche et de l’Élevage, ainsi que celui des Finances. Cette approche graduelle vise à sécuriser les dispositifs techniques, humains et organisationnels avant la généralisation de la réforme.

À fin janvier 2026, plusieurs avancées significatives sont enregistrées. La chaîne de la dépense interfacée est opérationnelle dans les quatre ministères pilotes, avec les équipements installés, les comptes ouverts à la Banque centrale du Congo et les logiciels en service. Le déploiement se poursuit dans les autres ministères concernés par la phase pilote.

Parallèlement, la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor est pleinement fonctionnelle, avec du personnel en place, des infrastructures opérationnelles et des systèmes comptables actifs, garantissant la tenue fiable de la comptabilité de l’État et la production régulière des soldes des comptes publics.

Autre avancée majeure : près de cinquante-cinq comptables publics principaux et secondaires ont prêté serment en janvier dernier devant le Ministre des Finances. Cette étape marque la mise en place effective du réseau des comptables publics, formés par l’École Nationale des Finances et déployés dans les ministères pilotes pour assurer une gestion rigoureuse, transparente et conforme aux normes de la comptabilité publique.

Les systèmes d’information financiers enregistrent également des progrès notables, avec l’interfaçage sécurisé des modules de dépense, de trésorerie et de comptabilité générale avec la Banque centrale, en phase finale. Ce dispositif permettra de sécuriser davantage les flux financiers et d’améliorer le suivi macroéconomique.

L’impact de la réforme se manifeste déjà sur la conjoncture économique nationale. Elle renforce la discipline budgétaire, améliore la traçabilité des dépenses publiques, favorise la coordination entre politiques monétaire et budgétaire et permet la production d’informations comptables fiables et consolidées.

Les prochains jalons sont clairement définis : dès février 2026, la chaîne de la dépense sera pleinement opérationnelle dans les ministères pilotes ; en juin 2026, les balances trimestrielles seront produites et consolidées ; en septembre 2026, la réforme sera étendue aux autres ministères concernés avant sa généralisation progressive à l’ensemble de l’administration publique.

À travers cette réforme, le Gouvernement réaffirme sa volonté de moderniser durablement la gestion des finances publiques, de renforcer la discipline budgétaire et de consolider les bases d’un État moderne, transparent et performant.

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