Tribune du 23 novembre 2025

L’analyse comparée des cycles électoraux de 2006 à 2023 met en évidence une constante majeure de la vie politique congolaise : la difficulté, pour les candidats à la présidentielle, d’obtenir une majorité absolue au premier tour, jusqu’à l’élection de 2023.
En 2006, Joseph Kabila n’avait recueilli que 44% des voix au premier tour, avant de l’emporter au second grâce à une coalition politique avec Antoine Gizenga. En 2011, la révision constitutionnelle instaurant le scrutin à un tour conduisit à une victoire relative de 48%, dans un contexte de contestation persistante.
La séquence 2013–2016 fut marquée par des tensions politiques ayant abouti à l’Accord de la Saint-Sylvestre et à la mise en place de gouvernements transitoires successifs.
En 2018, la méfiance de l’opinion à l’égard de la majorité sortante se confirma et la Commission électorale proclama Félix Antoine TSHISEKEDI élu avec 38% des suffrages. La coalition FCC–CACH formée en 2019 éclata en 2020, ouvrant la voie à l’Union sacrée de la Nation et à la mise en place du gouvernement SAMA LUKONDE en 2021.
L’élection de 2023 marqua un tournant historique : pour la première fois depuis l’instauration du suffrage universel direct, un candidat — Félix Antoine TSHISEKEDI — obtint une majorité absolue dès le premier tour, avec 74% des voix, soit un bond de 36 points par rapport à 2018.
Cette lecture politologique montre que la quête d’une légitimité élargie en RDC s’est toujours construite dans le dialogue politique et l’évolution des rapports de force institutionnels. L’histoire récente démontre également que la stabilité ne se consolide pas par la confrontation, mais par le respect des processus démocratiques et l’adhésion populaire.
Tribune inspirée d’une analyse publiée par le Ministre du Commerce extérieur, Julien PALUKU.
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