đŸ‡šđŸ‡© KAZADI vs FWAMBA : LES FAITS CONTRE LE RÉCIT

Analyse critique des allĂ©gations de l’ancien ministre des Finances Ă  l’épreuve des chiffres, de la cohĂ©rence et du principe de continuitĂ© de l’État.

AprĂšs le Space animĂ© rĂ©cemment par Stany Bujakera, une guerre de positionnement semble s’installer entre l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi et son successeur, Doudou Fwamba.

Dans ce brouillard d’allĂ©gations, de contre-vĂ©ritĂ©s et de rĂ©cits contradictoires, il est temps de revenir aux faits, aux chiffres et Ă  la continuitĂ© de l’État.

Mon objectif : que chacun puisse se faire une opinion factuelle.

Et surtout, comprendre pourquoi, dans ce duel de positionnement politique, les faits plaident davantage en faveur de Doudou Fwamba que du récit construit par son prédécesseur.
RÉFORME FISCALE : LA PATERNITÉ NE SUFFIT PAS.

Une rĂ©forme n’existe vraiment que lorsqu’elle produit des effets.

Alors que Nicholas Kazadi revendique l’IRPP comme l’une de ses grandes rĂ©formes.

TrĂšs bien.

Mais en politique publique, Ă©crire une rĂ©forme n’est pas la mĂȘme chose que la rendre opĂ©rationnelle. Une rĂ©forme qui reste dans les textes ne transforme pas un pays. Il faut l’appliquer, la financer, l’intĂ©grer Ă  une stratĂ©gie et en assumer les consĂ©quences.

Initier n’est pas accomplir.

La continuitĂ© de l’État appartient Ă  la RĂ©publique, pas Ă  un ministre.
EUROBOND : REFUSER N’EST PAS NÉCESSAIREMENT PRÉVOIR

Deux ministres, deux choix stratégiques !

Nicholas Kazadi affirme: « Nous pouvions Ă©mettre l’Eurobond, mais nous avons refusĂ©. »

C’est votre choix. Votre successeur Doudou Fwamba, a fait le choix inverse. Il ne s’agit donc pas automatiquement d’une faute, mais d’une diffĂ©rence de stratĂ©gie et d’approche de politique financiĂšre.

La vraie question est simple :
Qu’a produit chaque stratĂ©gie ?

En économie, ce ne sont pas les intentions qui comptent le plus.
Ce sont les résultats.

L’histoire devra juger ce qui est restĂ© au stade de l’intention et ce qui a effectivement Ă©tĂ© mis en Ɠuvre.
CROISSANCE : LES CONGOLAIS NE MANGENT PAS LES STATISTIQUES

La macroĂ©conomie doit finir dans le quotidien, dans l’assiette du peuple.

Nicholas Kazadi reconnait lui-mĂȘme que les performances macroĂ©conomiques ne se ressentent pas suffisamment dans la vie quotidienne.

C’est justement lĂ  que se trouve le vĂ©ritable enjeu. Une croissance qui ne produit ni infrastructures, ni Ă©nergie, ni emplois, ni amĂ©lioration tangible du niveau de vie de la population reste une performance incomplĂšte. La construction des bureaux administratifs Ă  plus de 400 millions USD n’y change rien.

Les chiffres doivent finir par devenir des routes, de l’électricitĂ©, des emplois et des services publics. Le dĂ©fi n’est donc pas seulement de stabiliser l’économie.

C’est de transformer cette stabilitĂ© en prospĂ©ritĂ© visible pour tous.

DETTE : UNE DETTE N’EST PAS BONNE OU MAUVAISE SELON LE MINISTRE

Changeons de doctrine, pas de ministre.

Nicholas Kazadi, alerte sur la dette commerciale.

TrĂšs bien.

Mais appliquons la mĂȘme rĂšgle Ă  tout le monde. Une dette se juge par son coĂ»t, sa maturitĂ©, sa destination et les richesses qu’elle permet de crĂ©er.

Si l’endettement pouvait ĂȘtre dĂ©fendu hier au nom des actifs construits, pourquoi cette logique deviendrait-elle soudainement invalide aujourd’hui ?

L’instrument n’est pas le problùme. Son utilisation l’est.

Dans un pays profondĂ©ment sous-Ă©quipĂ©, refuser systĂ©matiquement l’endettement peut aussi avoir un coĂ»t : celui de la croissance que l’on n’a pas financĂ©e.
CENTRE FINANCIER : APPLIQUONS VOTRE PROPRE LOGIQUE

Le mĂȘme thermomĂštre pour hier et pour aujourd’hui.

Nicholas Kazadi, demande que l’on juge l’endettement du Centre financier à travers la valeur de l’actif construit.

D’accord.

Mais alors appliquons exactement le mĂȘme principe aux investissements actuels sous Doudou Fwamba.

Routes.
Énergie.
Infrastructures productives.
Équipements publics.

Si l’actif justifie l’endettement d’hier, il doit pouvoir ĂȘtre pris en compte pour celui d’aujourd’hui. On ne peut pas changer de doctrine financiĂšre en changeant de fauteuil.

La cohĂ©rence exige les mĂȘmes critĂšres, quel que soit le ministre en fonction.
MATADI-KIBALA : AVANT LE PROCÈS DES SUCCESSEURS, L’AUDIT DES FONDATIONS

Qui a engagé les premiers millions et dans quelles conditions ?

L’ancien ministre explique les difficultĂ©s actuelles du projet des 1 000 logements de Matadi-Kibala principalement par ce qui s’est passĂ© aprĂšs votre dĂ©part.

Mais une question précÚde toutes les autres :

Dans quelles conditions les premiers millions ont-ils Ă©tĂ© engagĂ©s et contrĂŽlĂ©s ? Le dossier Ă©voque des interrogations sur la passation, le contrĂŽle indĂ©pendant, la certification des factures et le niveau rĂ©el d’exĂ©cution.

Avant d’expliquer ce qui s’est mal passĂ© aprĂšs votre dĂ©part, il faut donc aussi rĂ©pondre Ă  ce qui s’est passĂ© pendant votre passage.

La gouvernance d’un projet se juge d’abord Ă  la soliditĂ© de ses fondations.
LA GUERRE : ELLE N’A PAS COMMENCÉ ET FINI AVEC VOTRE MANDAT

Le mĂȘme contexte doit produire la mĂȘme indulgence.

Vous demandez que votre bilan soit apprécié en tenant compte de la guerre.

C’est parfaitement lĂ©gitime.

Mais alors, soyons cohérents.

La guerre continue.

Les dépenses sécuritaires continuent.

Les contraintes budgétaires continuent.

Pourquoi le contexte qui expliquait hier certaines difficultĂ©s disparaĂźtrait-il lorsqu’il s’agit d’évaluer votre successeur ?

Il faut avoir l’élĂ©gance intellectuelle d’appliquer le mĂȘme contexte aux mĂȘmes situations.

La guerre ne change pas de rĂ©alitĂ© parce qu’un ministre change de bureau.

DETTE INTÉRIEURE : REGARDONS LE FILM, PAS LA PHOTOGRAPHIE

La dette actuelle est aussi l’hĂ©ritage des engagements du passĂ©s.

Il est facile de regarder le niveau actuel de la dette intĂ©rieure et d’en faire porter toute la responsabilitĂ© Ă  l’équipe en place.

Mais la vraie question est celle de la trajectoire.

Quelle dette avez-vous trouvée ?

Quelle dette avez-vous laissée ?

Quels titres du Trésor ont été émis sous votre gestion ?

Selon quelles procédures ?

Publions le film complet, de votre arrivĂ©e au ministĂšre jusqu’à votre dĂ©part.

Une dette flottante n’apparaĂźt pas par magie. Les engagements d’hier deviennent les contraintes budgĂ©taires d’aujourd’hui.

Chacun doit assumer sa séquence.

CONCLUSION : LES MÊMES RÈGLES POUR TOUS !

Le débat doit porter sur les résultats, pas sur la mémoire sélective.

Monsieur l’ancien Ministre,

Vous avez parfaitement le droit de dĂ©fendre votre bilan. Mais vous ne pouvez pas rĂ©clamer de la nuance pour hier et devenir alarmiste pour aujourd’hui.

Vous demandez que l’on regarde les actifs lorsqu’il s’agit de votre dette.

Regardons donc les actifs aujourd’hui.

Vous demandez que l’on tienne compte de la guerre pour votre bilan.

Tenons-en compte également pour votre successeur.

Vous revendiquez la continuitĂ© de l’État lorsqu’une rĂ©forme a Ă©tĂ© initiĂ©e sous votre mandat.

Acceptez-la lorsqu’elle est poursuivie aprĂšs votre dĂ©part.

Une politique publique ne se juge pas selon l’identitĂ© de celui qui la porte, mais selon des critĂšres constants.

Au fond, le débat est beaucoup plus simple :

Qu’avez-vous trouvĂ© ?
Qu’avez-vous laissĂ© ?
Qu’est-ce qui a changĂ© depuis ?

Les chiffres existent.

Laissons-les parler.

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