Hommage national : Jean Gaston Manya, l’administratif émérite célébré plutôt que pleuré

Kinshasa, mercredi 27 août 2025 L’esplanade du Palais du Peuple a résonné d’émotion et de solennité lors des obsèques de Jean Gaston Manya Onakudu Aletshu, Secrétaire Général aux Finances, décédé le 6 août en Inde. Haut fonctionnaire respecté et premier de sa catégorie à accéder à ce poste par voie de concours, Manya a marqué de son empreinte l’administration publique congolaise, au point d’être honoré à titre posthume du rang de Secrétaire Général Émérite par ordonnance du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

‎La cérémonie, présidée par le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a rassemblé un parterre de personnalités : membres du Gouvernement, députés, sénateurs, responsables des régies financières, ainsi que des centaines d’agents et cadres du ministère. Mais au-delà de l’officialité et des protocoles, c’est le témoignage singulier de Francy Bangala Boyoma, haut cadre de l’administration, qui a retenu l’attention.


“Je ne te pleure pas, je te célèbre”

‎Avec des mots empreints de sincérité et de profondeur, Francy Bangala a rappelé la stature exceptionnelle de Manya :

‎« Tu étais un homme de valeur, travailleur infatigable, intellectuel avéré mais humble, un serviteur de la Nation qui ne visait que l’excellence. Dans tes faits et gestes, tu combattais la médiocrité et œuvrais pour la modernisation de l’administration publique et le renflouement des caisses de l’État.>>

Bangala a souligné que le regretté Secrétaire Général avait toujours placé sa loyauté au service non pas d’un homme, mais d’une vision : celle du Président de la République, concrétisée à travers les réformes pilotées par le Ministre des Finances. « Jusqu’à ton dernier souffle, tu as voulu accompagner Doudou Fwamba dans ses missions, afin de donner chair à l’idéal du Peuple d’abord », a-t-il insisté.

‎Au-delà de l’administrateur rigoureux, le témoignage a également mis en lumière un homme attaché à sa culture, à son identité et à sa simplicité. Bangala évoque “Oncle Manya”, passionné de la langue lokele, de ses mets traditionnels tels que mole, lobesa, lifolototo, et fidèle à l’appellation affectueuse qu’il donnait à son cadet : Wana wa iya (“fils de maman”).

‎Ce portrait humain tranche avec l’image austère souvent associée aux hauts fonctionnaires, révélant une personnalité chaleureuse et enracinée, autant dans l’administration que dans la tradition.

‎La République n’est pas restée indifférente à l’héritage de Manya. Le Chef de l’État a voulu immortaliser son parcours en lui conférant l’émeritat – une distinction exceptionnelle qui couronne une carrière marquée par la loyauté et l’intégrité. Le Vice-Premier Ministre de la Fonction publique, présent pour l’occasion, a également remis à titre posthume une mention “Très Bien” en reconnaissance des services rendus.

‎De son côté, le Ministre Doudou Fwamba, très ému, a rappelé que Manya incarnait une génération d’administrateurs qui “mouillent le maillot pour la République” et dont l’exemple doit inspirer les jeunes cadres.

‎En conclusion de son témoignage, Francy Bangala a lancé un appel à ses collègues :

‎« Le moment des obsèques est fini. Retournons au travail, mobilisons les recettes et respectons nos engagements vis-à-vis des bailleurs. C’est le meilleur hommage que nous puissions rendre à Manya. »

‎Ainsi, à travers ce deuil, c’est tout un ministère, et au-delà, tout un pays qui se retrouve face à une exigence : transformer la douleur en responsabilité, et faire de l’exemple de Jean Gaston Manya une boussole pour la réforme et l’excellence administrative.

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